La chlordécone est une molécule toxique. Sa dangerosité est connue depuis 1961, date à laquelle elle est reconnue neurotoxique, toxique pour la reproduction et cancérigène. En 1975, sa cancérogénicité chez les rongeurs est confirmée et en 1979 le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) considère la chlordécone comme cancérogène possible pour l’Homme. Pendant ces 40 dernières années de nombreuses nouvelles études ont confirmé le caractère toxique de la molécule, considérée également comme perturbateur endocrinien.

Exposition

Pour déterminer les risques liés à la chlordécone, des études ont estimé les niveaux d’expositions des populations antillaises. L’indicateur d’exposition utilisé est la mesure de la concentration en chlordécone dans le sang. Les données de l’INSERM et de Santé Publique France montrent que la concentration médiane du chlordécone dans le sang a diminué au fil des années depuis le début des années 2000. Cette diminution de l’exposition s’explique par les dispositifs et mesures de protection mis en place (filtres à charbon pour les eaux de consommation, arrêtés préfectoraux limitant certaines cultures sur sols pollués…). Cependant cette diminution n’est que partielle et certaines sous-populations continuent à être toujours fortement exposées de par les sources alimentaires dont ils s’approvisionnent.

Risques

En terme de risques sanitaires, si la chlordécone n’explique pas tous les problèmes de santé ni toutes les maladies ou l’augmentation de certaines d’entre elles. Elle peut néanmoins en favoriser certaines.  Des études menées sur la période 2004 à 2007 ont montré, tenant compte des niveaux d’exposition constatés sur cette période :

  • qu’environ 10% des naissances prématurées pourraient être attribuées à la contamination au chlordécone au cours de la grossesse
  • qu’entre 5 et 7% des cas de cancers de la prostate pourraient être attribués à la contamination des hommes à la chlordécone. Ce qui représente 25 à 35 cas parmi les approximativement 500 nouveaux cas annuels en Guadeloupe.

Concernant les enfants, des observations ont montré que l’exposition au cours de la vie intra-utérine pouvait porter atteinte à leur neurodéveloppement. Cependant, ces observations n’ont pas pour le moment de traduction clinique. Les études se poursuivent afin de savoir si à un âge plus avancée ces observations persistent et, le cas échéant, leurs conséquences cliniques.

Toute diminution des expositions entraine automatiquement une réduction des fractions attribuables mentionnées ci-dessus. Les efforts consentis ces dernières années ont entrainé une diminution des expositions. Ces efforts doivent être maintenus, en particulier auprès des sous-populations les plus exposées (couvertes par les programmes JAFA et TITIRI), pour que les niveaux d’exposition résiduelles ne soient plus de nature à entrainer des risques sanitaires.

Il est rappelé que le corps humain à la capacité de se décontaminer spontanément et totalement sur une période comprise entre 1 et 3 ans sous réserve que l’exposition, c’est-à-dire la consommation de denrées alimentaires contaminées, cesse complètement.

Source : Professeur Luc Multigner, INSERM

La chlordéconémie

La chlordéconémie est la mesure de la concentration de chlordécone dans le sang. A titre individuel, elle représente un bon indicateur d’exposition à un moment donné sans préjuger pour autant de l’ancienneté de l’exposition.

Par contre, la chlordéconémie ne présente aucun intérêt à titre individuel pour diagnostiquer ou pronostiquer la survenue d’une maladie.

Source : Professeur Luc Multigner, INSERM

« Chlordécone et santé », plan chlordécone

Chlordécone

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